Pose d'une barrière anti-rhizome inclinée à 15° à l'aide d'un gabarit en carton dans la tranchée

Barrière anti-rhizome : la méthode de pose pas à pas

Table des matières

  1. Tous les bambous veulent courir
  2. Ce que fait vraiment une barrière
  3. Choisir la bonne barrière
  4. Bêche ou pelleteuse ?
  5. La pose, étape par étape
  6. Angles et jonction : aucune ouverture
  7. Les 4 erreurs que je vois chaque saison
  8. Le contrôle de printemps
  9. FAQ — vos questions sur la barrière anti-rhizome

Tous les bambous veulent courir

Un bambou gagne du terrain par ses rhizomes : des tiges souterraines qui avancent sous la surface et font sortir de nouveaux chaumes plus loin. Tous les bambous ont cette tendance. Ce qui change d'une espèce à l'autre, c'est la direction et la force.

Et la règle est simple : plus le bambou est grand, plus son rhizome a de force. Un grand Phyllostachys s'engouffre dans la moindre faille d'un muret et passe sous une dalle. Un bambou nain ne fera pas les mêmes dégâts, mais il finira lui aussi dans la pelouse.

Bambou traçant Bambou cespiteux
Rhizomes Horizontaux, sur plusieurs mètres Verticaux, la touffe s'élargit sur place
Genres Phyllostachys, Semiarundinaria, Pleioblastus, Sasa… Fargesia
Barrière en pleine terre Obligatoire Inutile, et déconseillée

Le cas des Fargesia est à part : la souche s'élargit lentement et finirait par repousser et déformer la membrane. Un Fargesia se maîtrise par le choix de son emplacement. Pour comparer les deux familles variété par variété : quel bambou pour une haie brise-vue.

Ce que fait vraiment une barrière

Beaucoup de gens imaginent la barrière comme un mur qui arrête tout. Ce n'est pas comme ça qu'elle travaille. Un rhizome qui la rencontre ne s'arrête pas : il cherche un passage. Le rôle de la barrière est de lui en laisser un seul, vers le haut, là où on le voit.

C'est toute l'astuce du métier : faire dépasser le dispositif du sol. Le rhizome longe la membrane, remonte, et sort à la surface au pied de la lèvre. Vous le voyez, vous le coupez. Une barrière enterrée au ras du sol, elle, laisse les rhizomes passer par-dessus sans que personne ne s'en aperçoive.

Choisir la bonne barrière

Nous posons notre barrière BAR70 : une membrane en polyéthylène haute densité (PEHD) de 70 cm de hauteur, en matière recyclée et produite en France. Ces 70 cm ne sont pas un hasard : 65 cm enterrés, 5 cm hors sol.

Rouleau de barrière anti-rhizome BAR70 en PEHD épais et rigide
La BAR70 : une membrane épaisse et rigide, qui se tient seule.

Oubliez le rouleau de plastique bas de gamme, la bâche et le géotextile. La pointe d'un rhizome est faite pour percer : elle traverse un film mince, ou le déforme jusqu'à trouver le point faible.

Pour le métrage, mesurez le périmètre complet de la zone, pas la longueur de la haie, et ajoutez 50 cm pour la jonction. La BAR70 existe en rouleaux de 5 m, 10 m, 20 m, 50 m et 100 m.

Bêche ou pelleteuse ?

Tout dépend du chantier.

  • Petit chantier, bambous en pot de 5 ou 8 L : la bêche suffit. On creuse à la main, on prend son temps pour avoir des parois nettes.
  • Grands conteneurs, ou à partir de 10 m de barrière : je préconise la pelleteuse. Pas seulement pour gagner du temps : elle donne une tranchée propre, régulière sur toute la longueur, et c'est ce qui permet de bien installer la barrière. Une tranchée irrégulière, c'est une membrane qui ondule, qui se couche au remblai et qui perd son inclinaison.

Tranchée propre creusée à la pelleteuse pour poser une barrière anti-rhizome
À la pelleteuse : des parois nettes et une profondeur régulière sur toute la longueur.

La pose, étape par étape

La barrière se pose avant la plantation, jamais après.

  1. Délimitez la zone de développement. Voyez large : c'est l'espace du bambou pour des décennies. L'agrandir plus tard, c'est tout rouvrir.
  2. Creusez la tranchée à 65 cm de profondeur sur tout le tracé.
  3. Inclinez la barrière à 15° par rapport à la verticale, le haut penché vers l'extérieur de la zone. Cette inclinaison renvoie les rhizomes vers la surface au lieu de les laisser plonger sous la membrane. La méthode la plus simple : un gabarit en carton sur lequel vous tracez l'angle de 15°, que vous posez contre la membrane tout au long de la tranchée. Si vous en avez la capacité, la solution de pro est de creuser directement la paroi de la tranchée à 15° : la barrière s'appuie dessus d'elle-même et ne bouge plus au remblai. C'est la meilleure solution.
  4. Laissez dépasser 5 cm au-dessus du sol, sur toute la longueur. Pas 2, pas « au ras pour que ce soit joli » : 5 cm.
  5. Rebouchez en tassant des deux côtés, progressivement, pour que la membrane garde son angle.

Tranchée de haie de bambous bordée des deux côtés par une barrière anti-rhizome inclinée, maintenue par des cannes
Tranchée de haie : la barrière posée des deux côtés, maintenue par des cannes le temps du rebouchage.

La barrière posée, vous pouvez planter : dimension du trou, trempage de la motte et paillage sont détaillés dans planter un bambou en pleine terre.

Angles et jonction : aucune ouverture

Un rhizome n'a pas besoin d'un trou : n'importe quelle fissure, n'importe quelle ouverture lui suffit. Sur un tracé, il y a deux endroits où cette ouverture apparaît : les angles et la jonction.

Aux angles, nous posons une pièce d'angle à chaque fois, sans exception. Plier la membrane à angle vif la fatigue et laisse un jour dans le pli. Nos angles en aluminium 70 cm tiennent la barrière sur toute sa hauteur ; pour une zone rectangulaire, prenez directement le lot de 4.

Barrière anti-rhizome assemblée avec deux angles en aluminium boulonnés
Deux angles en aluminium boulonnés : la membrane est tenue sur toute sa hauteur, sans pli.

Angles en aluminium boulonnés sur une barrière anti-rhizome avant rebouchage de la tranchée
Les mêmes angles en place dans la tranchée, avant rebouchage.

À la jonction, les deux extrémités se superposent sur 50 cm et se serrent avec une barre de jonction en aluminium. L'aluminium ne rouille pas : la jonction reste fermée dans un sol humide, année après année. Deux bouts qui se chevauchent sans serrage, c'est une porte ouverte. Placez la jonction à un endroit accessible, pour pouvoir la contrôler.

Les 4 erreurs que je vois chaque saison

  • Ne pas mettre de barrière. C'est la plus fréquente, et la plus chère à rattraper. Quand on nous appelle, le bambou est déjà chez le voisin.
  • Croire qu'un mur va arrêter les rhizomes. Un mur a une fondation, des joints, parfois des fissures. Le rhizome passe dessous ou profite de la faille.
  • Acheter un rouleau de plastique bas de gamme et faire simplement chevaucher les bouts. Membrane trop fine, jonction sans serrage : deux points faibles pour le prix d'un.
  • Ne pas mettre de barrière côté voisinage. On ceinture trois côtés et on laisse le quatrième, celui de la limite de propriété, parce qu'il est « loin » ou difficile d'accès. C'est justement là que le bambou ira, et là que le problème ne sera plus seulement le vôtre.

Le contrôle de printemps

Une barrière n'est pas un dispositif qu'on pose et qu'on oublie. De mars à mai, faites le tour de la barrière et observez les rhizomes qui dépassent au pied de la lèvre. Coupez-les au sécateur ou à la bêche.

Si un rhizome a eu le temps de s'enraciner de l'autre côté, ce n'est pas grave : suivez-le jusqu'à la barrière et coupez-le à cet endroit. Privée de la touffe mère, la partie extérieure s'épuise.

Un second passage en fin d'automne ne coûte que quelques minutes et permet de vérifier la jonction et les angles avant l'hiver. Et si le massif est déjà parti hors de contrôle, la méthode pour reprendre la main est dans éliminer un bambou envahissant.

FAQ — vos questions sur la barrière anti-rhizome

Quelle profondeur pour une barrière anti-rhizome ?

65 cm enterrés et 5 cm hors sol, soit une membrane de 70 cm de hauteur. Les 5 cm qui dépassent sont indispensables : c'est là que les rhizomes remontent et que vous pouvez les couper.

Pourquoi incliner la barrière à 15° ?

Une barrière penchée de 15° vers l'extérieur renvoie les rhizomes vers la surface au lieu de les laisser plonger sous la membrane. Le plus simple pour tenir l'angle est un gabarit en carton ; le travail de pro consiste à creuser directement la paroi de la tranchée à 15°.

Faut-il une pelleteuse pour poser une barrière ?

Pas pour un petit chantier avec des bambous en pot de 5 ou 8 L : la bêche suffit. Pour de grands conteneurs ou à partir de 10 m de barrière, la pelleteuse donne une tranchée propre et régulière, indispensable pour que la membrane garde son inclinaison.

Faut-il des pièces d'angle ?

Oui, à chaque angle. La moindre ouverture suffit à un rhizome pour passer, et un pli à angle vif en laisse une. Les angles en aluminium tiennent la membrane sur toute sa hauteur.

Quel type d'attache pour la jonction ?

Une barre de jonction en aluminium, qui serre les deux extrémités superposées sur 50 cm. L'aluminium ne s'oxyde pas dans le sol. Un simple chevauchement sans serrage ne tient pas.

Un mur ou une dalle suffit-il à arrêter un bambou ?

Non. Le rhizome passe sous la fondation ou s'engouffre dans un joint, une fissure. Plus le bambou est grand, plus il a de force pour exploiter la moindre faille. Près d'un bâtiment, d'une piscine ou d'une terrasse, posez une barrière.

Faut-il une barrière pour un Fargesia ?

Non, c'est même déconseillé. Le Fargesia est cespiteux : sa touffe s'élargit sur place et finirait par déformer la membrane. On le maîtrise par le choix de son emplacement.

Quand contrôler sa barrière ?

De mars à mai, en coupant les rhizomes qui dépassent. Un rhizome déjà enraciné de l'autre côté se suit jusqu'à la barrière et se coupe à cet endroit.

Faut-il une barrière pour un bambou en pot ?

Non, le bac joue ce rôle. Le choix du matériau devient alors critique : voir notre guide bambou en pot et en jardinière.


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